Une journée dans ma tête de bipolaire : la dépression

Ce que vous voyez, ce que je vis : TW dépression, idéations suicidaires, mutilations

Hier après le médecin, on va au café Den avec mon copain. Un petit repère tranquille avec des petits plaisirs à manger et boire, on papote on rigole on profite de ce qu’on a. Plus tard je rentre avec lui, chez lui : il y a aussi d’autres gens que je connais et que j’aime bien. On fait chacun un peu nos trucs. A un moment je n’arrive plus à parler alors j’écris à la place, mais je communique.


On regarde un film le soir, j’ai mangé ce que je voulais et j’ai fait plein de câlins, et des petits massages à mon copain pour ses douleurs. Il nous a même fait à tous un chocolat chaud avec des marshmallows, des petits soins bien appréciés de tous. Plus tard on va se coucher, on rigole pas mal, on s’endort assez bien.

Petit réveil tout doux aujourd’hui. Mon copain qui dort sur mon bras et contre moi, je poste un message amoureux sur les réseaux, le chat est sur nos pieds, j’attends tranquillement en regardant mon téléphone pendant une heure. Il fait un peu chaud, rien de si pire, je regarde de temps en temps mon copain changer de position, se blottir contre moi.

Puis il se réveille. On partage des nouvelles : moi ça va, lui aussi. Bon, on s’est réveillés souvent, ce n’était pas le meilleur sommeil, mais on est tranquilles, dans les câlins et les petits bisous, un matin doux et tranquille. Les besoins nous rattrapent, on se lève, le chat se fait nourrir, on va aux toilettes, petit chocolat chaud : un réveil calme et doux. On parle de moi qui doit rentrer, on parle de ce que je dois rester en vie.





Hier après le médecin, on va au café Den avec mon copain. Je suis épuisée, nerveuse, mais je sais que ça sera moins pire que chez moi. Je prends un trucs à boire mais j’ai la gerbe. Je suis épuisée. Plus tard, je rentre avec lui, chez lui : il y a aussi d’autres gens que je connais et que j’aime bien. Je suis en trop, et je n’ai pas mes lames. Je ne peux même pas couper, couper encore. On fait chacun un peu nos trucs. Je suis clairement en trop. A un moment je n’arrive plus à parler, alors j’écris à la place : j’explique que je veux me mutiler, que je suis en trop, que ça ne va pas, mon copain essaye de me rassurer.


On regarde un film le soir, j’ai pu manger heureusement, je stim pour me calmer et j’ai fait pleins de câlins, des petits massages à mon copain pendant que je voulais juste crever, crever là. Il nous a même fait à tous un chocolat chaud avec des marshmallows, des petits soins bien appréciés de tous, mais pas moi, moi c’est beaucoup trop finalement, et je suis mal, j’arrache mes plaies, mais je dis rien. Plus tard on va se coucher, on rigole pas mal, on s’endort assez bien (enfin on s’endort quoi).


Petit réveil tout doux aujourd’hui. Mon copain qui dort sur mon bras et contre moi, je poste un message amoureux sur les réseaux, le chat est sur nos pieds, j’attends tranquillement en regardant mon téléphone pendant une heure, et en planifiant. Mourir dans ce quartier là ça irait. Pas de sang pour ma coloc. De nuit y’a personne on me récupérera pas. Il suffit que j’amène mes lames. Que je stocke des médicaments. Ici ça peut le faire. Ça peut le faire. Pendant une heure, je plonge là dedans. Il fait un peu chaud, rien de si pire, je regarde de temps en temps mon copain changer de position, se blottir contre moi.

Puis il se réveille. On partage des nouvelles : moi ça va (pas du tout), lui aussi. Bon, on s’est réveillés souvent, ce n’était pas le meilleur sommeil, mais on est tranquilles, dans les câlins et les petits bisous, un matin doux et tranquille, au goût de mort. Les besoins nous rattrapent, on se lève, le chat se fait nourrir, on va aux toilettes, petit chocolat chaud : un réveil calme et doux. On parle de moi qui doit rentrer, on parle de ce que je dois rester en vie.

Je dois rester en vie.